
Zoom sur les oeuvres du musée de l’Abbaye
Guy Bardone et René Genis, tous deux artistes peintres, ont passé leur vie à créer mais aussi à collectionner. À force de rencontres, de coups de cœur et de découvertes, ils ont réuni une collection unique, reflet de leur sensibilité artistique ! Bonnard, Vuillard, Buffet, Chagall ou Dufy : autant de grands noms qu’ils ont choisis, aimés, accrochés chez eux avant de les offrir au regard de tous.
Aujourd’hui, leurs propres œuvres dialoguent avec celles qu’ils ont collectionnées, dans un accrochage vivant, généreux et personnel.

La collection du musée conserve vingt œuvres de Buffet, représentant des animaux, une série de portraits et de natures mortes. Le passage à niveau fait figure d’exception. Seule représentation de l’urbanité, nous retrouvons son style distinctif caractérisé par des lignes anguleuses. Pour saluer la précision toujours remarquable des lignes noires au sein de ses compositions, Jean Cocteau le qualifie de « prince des fleurs de l’encre et du fil de fer ».
Patrice Schmidt
Contemporain des pointillistes, Pierre Bonnard s’en distingue par une approche profondément sensible de la couleur. Là où certains recherchent une analyse scientifique de la lumière, il privilégie une peinture intime, héritée de l’esprit nabi, où la couleur exprime avant tout l’émotion et la mémoire. "Le Jardin" témoigne de cette recherche lumineuse et vibrante, caractéristique d’une œuvre qui séduit encore par sa modernité et sa chaleur.
Pierre Guenat
Graveur et peintre japonais, Hitoshi Mori découvre la France dans les années 1970. Les alignements mégalithiques de Carnac, en Bretagne, marquent profondément son imaginaire. Ils deviennent le point de départ de la série Mémoire de la pierre, à laquelle appartient cette œuvre.
Dans ces compositions monumentales, l’artiste explore la présence et la symbolique de la pierre. Les formes minérales et les nuances de couleur évoquent un paysage intérieur, entre mémoire des lieux et méditation sur la nature et le temps.
Mario Prassinos, d’origine grécoitalienne, fréquente un temps les surréalistes lorsqu’il s’installe à Paris, et participe
à la Nouvelle Revue Française, édition pour laquelle il travaille pour Raymond Queneau et Jean-Paul Sartre. Au début des années quatrevingt, il réalise de manière presque
obsessionnelle la série Arbres qui comprend des centaines d’huiles sur papier. Il les dessine avec un fourmillement de traits d’encre brune et de gouttes de peinture, dans une écriture picturale à la fois instinctive et dirigée, qui raconte la colline d’Eygalières, sa garrigue, ses buissons, ses arbres et les strates de son calcaire blanc.Mario Prassinos, d’origine grécoitalienne, fréquente un temps les surréalistes lorsqu’il s’installe à Paris, et participe
à la Nouvelle Revue Française, édition pour laquelle il travaille pour Raymond Queneau et Jean-Paul Sartre. Au début des années quatrevingt, il réalise de manière presque
obsessionnelle la série Arbres qui comprend des centaines d’huiles sur papier. Il les dessine avec un fourmillement de traits d’encre brune et de gouttes de peinture, dans une écriture picturale à la fois instinctive et dirigée, qui raconte la colline d’Eygalières, sa garrigue, ses buissons, ses arbres et les strates de son calcaire blanc.

Dans cette peinture, Pierre Bonnard représente un paysage du sud de la France vu à travers la végétation. Au premier plan, les branches de mimosas filtrent le regard et encadrent la vue sur les toits des maisons qui descendent vers la mer.
Les touches colorées et les nuances lumineuses traduisent l’atmosphère chaude et vibrante de la Méditerranée. Les verts, les bleus et les ocres se mêlent dans une composition où la couleur structure l’espace autant que les formes. À travers ce point de vue intime, Bonnard capte une sensation de paysage plus qu’une description précise, invitant le spectateur à partager une expérience sensible de la lumière et du lieu.

Cette œuvre du début des années cinquante, immortalise
sa période qu’il qualifiera de misérabiliste. Des vues depuis sa fenêtre à Bordeaux avant d’arriver à Paris, lui ouvre la perspective de peindre des bâtiments industriels, des cheminées d’usines avec cette même qualité picturale et ses coloris subtils qu’il utilise pour ses natures mortes, sujet de prédilection qui lui apportera une certaine renommée.

Dans cet autoportrait, Marie Laurencin se représente accompagnée d’un chien, dans une composition délicate et épurée. Le visage aux traits doux, les yeux bleus et la palette claire participent à l’atmosphère poétique et intimiste caractéristique de son œuvre.
Les lignes fines et les couleurs légères confèrent à la figure une présence à la fois fragile et rêveuse. Fidèle à son univers artistique, Laurencin propose ici une vision personnelle du portrait, où la douceur des formes et la subtilité des tons traduisent une sensibilité singulière.

Œuvre réalisée à la fin de sa carrière. Dans cette scène, il dépeint un couple dans une atmosphère intime et feutrée, devant une cheminée. D'origine Haut-Jurassienne par ses grands-parents, Vuillard parvient ici à capturer la chaleur et la sérénité du moment à travers son style distinctif. L'œuvre témoigne de son talent à rendre les atmosphères intérieures avec une grande subtilité et sensibilité.
Pierre Guenat
Dans cette nature morte, Francisco Borès met en scène une table dressée où se côtoient fruits, vaisselle et objets du quotidien. Les éléments semblent presque en suspension, comme saisis dans un instant silencieux. Les couleurs, dominées par des tonalités de verts et d’oranges, structurent la composition et guident le regard à travers l’espace du tableau.
La lumière joue un rôle essentiel : elle traverse les matières, révèle la transparence du verre et met en valeur les formes simples des objets. Par ce jeu d’équilibre entre couleurs, volumes et lumière, Borès transforme une scène familière en une composition poétique et méditative.

Dans cette œuvre monumentale, Paul Rebeyrolle représente l’univers de l’atelier à travers un motif simple : les palettes de peintre. Les formes épaisses et les empâtements de matière donnent à la peinture une présence presque sculpturale. Les couleurs, dominées par des ocres et des tons terreux, semblent jaillir directement de la matière.
La surface picturale, dense et expressive, traduit l’énergie du geste et l’importance du travail de la matière dans la peinture de Rebeyrolle. À travers ce sujet lié à l’acte même de peindre, l’artiste explore la force physique et instinctive de la création.

Dans cette scène urbaine, Jean Puy représente une rue parisienne vue depuis un intérieur. La composition s’organise autour de la fenêtre qui ouvre le regard sur les façades et les toits de la ville. Les personnages, esquissés par quelques touches rapides, participent à l’animation discrète de la rue.
La palette lumineuse et les touches visibles traduisent l’attention portée aux effets de lumière et aux variations colorées de l’espace urbain. Entre intérieur et extérieur, l’artiste capte un instant du quotidien parisien et transforme ce motif simple en une composition sensible, où la couleur et la lumière structurent le paysage.

Ce paysage arctique réalisé à la même période que son voyage en Patagonie, est exécuté sur une planche dont le format horizontal. Les formes esquissées à la mine de plomb se remplissent de couleurs, à dominante froide, représentant des icebergs dérivant sur la mer. Cette nature intacte, Pierre Lesieur la rend avec subtilité, car la finesse des nuances entre le bleu turquoise, le blanc et le rose, constitue la force du paysage.
Pierre Guenat























